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Le Gros, la vache et le mainate, de Pierre Guillois

Mis en ligne par on jan 14th, 2012 article dans la section : Spectacle vivant. Vous pouvez suivre les discussions autour de ce texte avec le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire

« Une opérette barge », voilà ce qui qualifie selon Pierre Guillois, artiste associé au Quartz, sa nouvelle création. Et barge, ça l’est ! Des pointures de la comédie, des frasques humoristiques et provocatrices à n’en plus pouvoir, de l’absurde et du rire, c’est ce qui nous attend avec ce « show » complètement déroutant, et dérouté !

Une équipe de choc.

Pierre Guillois, avant d’être le créateur de cette pièce, est auteur de spectacles, metteur en scène et comédien. Il s’investit d’ailleurs d’autant plus dans son spectacle qu’il joue dans la pièce. Pour autant, la mise en scène n’est pas de lui mais de Bernard Menez, comédien et chanteur, l’une des grandes pointures du théâtre de boulevard à la française. A eux deux, ils ont réussi à nous réunir un casting de rêve, complètement masculin : Pierre Vial qui, à l’instar de Menez, est entré à la Comédie Française, est metteur en scène, et trois fois décoré (de l’Ordre du mérite, de la Légion d’honneur et de l’Ordre des Arts et des lettres). Avec lui, pour jouer les tantes dont nous parlerons par la suite, Jean-Paul Muel, acteur français connu notamment pour avoir joué dans Papy fait de la résistance ou encore dans les Visiteurs. Nous avons aussi Olivier Martin-Salvan, dont nous avons déjà parlé dans Sortie de Secours ; comédien, mime, chanteur lyrique, etc. Luca Oldani est quant à lui moins connu mais tout aussi doué. Comédien et stripteaseur, il assure une certaine fraicheur et un côté dénudé qui sans lui aurait manqué à la pièce… Pour finir, il y a également Chris Cody, pianiste remarquable présent tout au long de la pièce.

Un spectacle aux nombreuses facettes.

Le Gros, la vache et le mainate, c’est le théâtre de l’absurde dans toute sa splendeur. C’est le rassemblement de différentes scènes de cabaret, de numéros burlesques, de stripteases… C’est enfin le théâtre de vaudeville comme on n’en voit plus beaucoup ! Il s’agit en fait d’une déconstruction, au théâtre, du théâtre, mais tout en jouant la comédie et en révélant les vrais comédiens. C’est un peu paradoxal, néanmoins l’important n’est pas là. Le mot d’ordre : s’amuser. Le spectacle se joue dans la bonne humeur, dans une ambiance comique, mais également provocatrice. C’est l’histoire d’un homme qui est enceint et vit avec Paul, le deuxième père de l’enfant, dans une maison tout à fait charmante qu’ils préparent à l’arriver du bambin. Mise à part la première et la dernière scène, cet intérieur est le seul décor de la pièce. Très fantaisiste, pas moins solide et complet, le décor se traduit par un salon, avec une télé très originale, une pseudo cuisine, une chambre d’enfant et une chambre d’amis. Un mois avant l’accouchement, le couple attend tante Schmurtz qui doit venir leur apporter son soutien pendant ce mois prénatal. Cependant, à cinq minutes près, c’est tante Chose qui fait son entrée, elle qui était censée arriver à partir de la naissance du petit. Les deux tantes ne peuvent pas s’encadrer mais vont apprendre à vivre ensemble, sur fond de gay attitude et d’humour noir.

Une création qui vaut son pesant d’or !

S’il y a quelques longueurs et que les rires ont du mal à se lancer franchement au début, la suite est très prometteuse et très drôle. Le couple des tantes est magnifique, les retournements de situations nombreux et bien pensés, et les performances sont extraordinaires. Il y a également à noter la présence très appréciable d’un mainate, dont le « jeu » est aussi impressionnant que celui des comédiens. Il se prénomme par ailleurs Connard… Avec cette création, le théâtre nous emmène là où on ne l’attendait pas et nous permet de nous lâcher. Cette mise en scène nous fait nous poser des questions, repenser les règles du théâtre et de l’humour, et prendre du recul sur certains sujets d’actualité de notre société occidentale. En allant aussi loin dans l’appréhension très osée de ces sujets, Pierre Guillois et Bernard Menez en modifient notre perception. Cela change du traitement habituel de ces thèmes, et l’on passe un très bon moment. C’est un vrai bonheur !

Par Naïg Vaineau

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