La Nuit des horloges est le dernier film de Jean Rollin. Le plus personnel aussi. Un film vaguement inspiré d’un roman de Serenna Gentilhomme, Les Nuits étrusques. Rollin confie à nouveau le rôle principal d’un film à une actrice de film pornographique : cette fois c’est Ovidie. Ce n’est que justice après tout, la première réalisation de cette dernière, le classé X Orgie en noir, citait de façon à peine masquée le cinéma de Rollin, avec son cimetière, son absence de budget, ses conditions de tournage éprouvantes et son sens de l’image et de l’ambiance onirique.
La Nuit des horloges donc se révèle bien vite être un voyage à travers l’univers de Jean Rollin. Ovidie dans le film est à la recherche de Michel Jean, un écrivain mort, le double artistique du réalisateur. Elle se perdra dans un univers peuplé de fantasmes, de personnages étranges, de lieux cauchemardesques, et de restes fantasmagoriques. Régulièrement, des images issus des précédents films de Rollin assaillent l’écran. Bouts de pellicule perdus dans un film, comme les restes d’un imaginaire en perdition.
La Nuit des horloges n’est pas un film facile d’accès. On s’y perd, comme l’héroïne se perd dans les méandres de l’imaginaire de Michel / Rollin. Film testamentaire, film intime, peuplé de rêves et de souvenirs. Film surréaliste, halluciné, qui explique l’univers de Rollin en même temps qu’il l’opacifie, La Nuit des horloges est peut-être le film français le plus étrange des années 2000. Il n’a malheureusement pas bénéficié d’une sortie ciné, mais est disponible aux éditions LCJ (qui ont édité une bonne partie des films de Rollin).
Par David Roué
A lire aussi sur Sortie de Secours.info



samedi 31 juillet 2010 num 0666108297
Mais quelle merde ce film : mal joué, mal filmé… j’ai tenté de me suicider aux deux tiers du film en avalant une pleine boite de fishermen friend, et n’ai pu finalement survivre qu’en dévorant mon pied gauche…